Littérature chinoise Livre

La Route Sombre de Ma Jian

Par ce livre, je finis enfin mes revues sur les livres que m’avait offert mes collègues de travail en Octobre dernier. Même si je dois avouer que je les ai tous finis en 1 mois et demi…

Ma Jian est connu pour avoir fait de grandes oeuvres comme Beijing Coma ou plus récemment China Dream. Je n’ai lu ni l’un ni l’autre mais je sais que ses livres relatent de sujets très particuliers voire très sensibles. Alors en voyant ce livre dans ma pile de cadeau je me suis demandée qu’est-ce que ce livre pouvait bien me réserver.

Résumé :

« Jeune paysanne née au coeur de la Chine rurale, Meili est mariée à Kongzi, l’instituteur du village, lointain descendant de Confucius. Ensemble, ils ont une fille, mais Kongzi, qui veut à tout prix un fils pour poursuivre la lignée de sa célèbre famille, met à nouveau Meili enceinte, sans attendre la permission légale. Lorsque les agents de contrôle des naissances envahissent le village pour arrêter ceux qui ont transgressé les règles, père, mère et fille fuient vers le fleuve Yangtze. Ils commencent alors une longue cavale vers le Sud, à travers les paysages dévastés de la Chine, trouvant de menus travaux au passage, parfois réduits à mendier et obligés de se cacher des forces de l’ordre. Alors que le corps de Meili continue d’être pris d’assaut par son mari et que l’État cherche à le contrôler, elle se bat pour reprendre en main sa vie et celle de l’enfant à naître »

La fameuse époque de la politique de l’enfant unique. Rien que pour ce thème le livre est déjà très fort, très fort mais aussi très difficile. Inutile de vous réécrire le résumé mais en effet on voit la longue cavale de Meili et de Kongzi, qui durera quand même quelques années, pour éviter de faire face à la répression. Et il y a les conséquences qui vont avec… Ma Jian ne nous épargne pas les détails de l’avortement forcé et cela me fait en un sens penser au film « So Long My Son » qui est sorti en 2019. Mais avec Ma Jian on s’attend aux lectures de ce type. Ce qui m’a aussi choqué ce sont tous les moments à travers le livre où son mari tente de lui faire un enfant. Je ne me considère pas comme prude mais je me passerai bien de certains détails. Il y a également d’autres passages difficiles à lire dont notamment le passage du viol. Dans ce livre, on voit la piètre vision de l’homme sur les femmes. Meili ne sert qu’à enfanter un fils, Kongzi ne pense qu’à ça du début à la fin. Peu importe combien de fois elle doit avorter, ou même s’il faut abandonner son enfant, il n’y a que le fait d’avoir un fils qui l’intéresse. Pour Kongzi, qui est le descendant du célèbre Confucius, avoir un garçon est capital afin de perpétrer cette lignée ancestrale ! Alors que Meili elle rêve d’indépendance, d’une carrière bien à elle, elle rêve de ressembler à toutes les femmes sur les magazines, d’avoir une vie confortable. Plusieurs opportunités s’offriront à elle de se libérer de cet homme et pourtant elle choisira toujours de rester malgré tout pour sa famille, pour sa fille. Malgré tout elle se rendra compte que son corps appartient à tour de rôle soit à l’Etat soit à Kongzi et qu’en aucun cas il ne lui appartient. Comme elle le dit si bien « Dans ce pays il vaut mieux être un panda qu’une femme ».

Nannan, leur fille, comprendra bien vite qu’être une fille est une « malédiction ». Petite fille qui passerait pour une petite capricieuse au premier abord, on la découvre juste une petite fille perdue entre un père qui ne veut qu’un garçon et sa mère qui n’a pas d’autre choix que de suivre le chemin de son époux.

Ce livre passe en revue tous les vices de la société Chinoise de cette époque : la politique de l’enfant unique avec les avortements forcés et les abandons, les enfants que l’on estropie pour l’argent, la vente de contrefaçon d’aliments, la prostitution dans les salons de coiffure, l’argent que se sont ceux qui pratiquent les avortements réalisés illégalement mais également la pollution avec ce fameux pays « où les femmes ne tombent pas enceintes tellement c’est pollué ». D’ailleurs ce dernier thème me fait penser au livre « Chine, Retiens ton souffle » de Qiu Xiaolong. Je ne vous raconte pas tout en détails afin de ne pas vous spoiler si vous êtes intéressés par la lecture de livre.

Une information du coup que j’ai oublié de vous donner sur la narration. Il y a deux types de narration : celle en caractères normaux qui représentent l’histoire en cours et celle en caractère gras qui représentent la scène à travers « l’esprit de l’enfant » et donc la vision de celui-ci à travers son ventre. 

Je dois avouer que j’ai eu bien du mal à terminer ce livre et que j’étais bien contente d’être allée au bout. Non pas que je ne l’ai pas trouvé intéressant bien au contraire mais émotionnellement parlant il m’a été difficile de le lire. Je pense que ce n’est pas un livre que l’on achète pour fuir la réalité, bien au contraire il nous la met en pleine figure et nous en fait prendre conscience et met la lumière sur cette époque difficile. Je pense qu’il faut être attaché pour lire ce livre car clairement c’est un livre qui n’est pas fait pour les âmes sensibles. Vous aurez bien compris que pour moi, il n’y aura pas de deuxième relecture possible.

La route sombre de Ma Jian aux Editions J’Ai Lu

Prix : 8,40€

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