Littérature chinoise Livre

L’éternité n’est pas de trop de François Cheng

C’est un livre que m’a offert une de mes très proches Jiaozi pour mon anniversaire. Elle adore ce livre et elle m’en a fait cadeau pour que je puisse également l’apprécier.

Résumé :

 » A XVIIe siècle, à la fin de la dynastie Ming – époque de bouillonnement et de bouleversement, où l’Occident même était présent avec la venue des premiers missionnaires jésuites en Chine -, dans un monastère de haute montagne, un homme qui n’a pas encore prononcé ses vœux se décide à quitter ce lieu de paix et de silence pour retrouver, trente ans plus tard, la seule femme qu’il ait jamais aimée.

Un roman d’envoûtement et de vérité, récit d’une passion – celle d’un « Tristan et Iseult » chinois, avec ses codes et ses interdits aussi précis que stricts – qui n’est pas seulement affaire de cœur et des sens, mais engage toute la dimension spirituelle de l’être, ouvrant sur le mystère de l’univers et le transfigurant.  »

Quel livre mais quel livre ! Je ne connais absolument pas les autres œuvres de François Cheng mais cette oeuvre m’a ravie ! Il est écrit dans la préface que François Cheng a écrit ce livre dans l’espoir de réécrire un livre de la Dynastie Ming qui l’aurait marqué quelques années auparavant. Je n’ai encore jamais lu de roman écrit durant cette période mais l’écriture de ce livre et sa poésie font que c’est typiquement le type d’ouvrage que j’imaginerais pour les romans de cette époque. Dao Sheng et Dame Ying sont des héros romanesques et dont l’amour va plus loin selon moi que n’importe quelle histoire que j’ai pu lire à ce jour. Plus que de l’amour charnel mais de la spiritualité. En effet, on pourrait y voir un Tristan et Iseult version Chinois et pourtant en lisant ce livre j’ai trouvé une histoire aussi douce qu’une plume qui viendrait effleurer ma main. Je vous la joue poétique mais c’est vraiment toute la sensation que m’a apporté cette histoire. J’ai lu Tristan et Iseult auparavant et, même si à l’époque il m’avait touché, en aucun cas il ne l’a fait aussi profondément que ce livre. En lisant la triste histoire de ces deux êtres, l’un a été vendu à une troupe de musicien étant plus jeune et elle a fini kidnappé par des brigands avec un mari violeur, on veut que Dao-Sheng et Dame Ying soit enfin ensemble après 30 années de séparation. Et pourtant en voyant que leur seule satisfaction et j’ai envie de dire la plus grande est de pouvoir se rencontrer, que leurs yeux puissent s’apercevoir… ça nous émeut. Pour nos générations ce n’est certainement pas assez ! Se voir mais ne pouvoir être ensemble serait un supplice mais à cette époque, cette époque où l’on épousait pas l’élu de notre cœur. Même de nos jours quand on y pense n’est-il pas la le vrai bonheur ? Avoir le plaisir de voir son/sa bien-aimé(e) et ne pas en être séparé. Ce fameux instant d’éternité. C’était déjà beaucoup à cette périodePersonnellement l’histoire me fait penser à celle de « Mémoire d’un Eunuque dans la Cité Interdite » dont je vous ai déjà parlé (Lien). C’est l’histoire d’un homme de petite condition qui aime une femme ravissante qui est déjà convoité par un voyou d’une meilleure condition. Celui-ci fait en sorte de débarrasser du héros pour pouvoir avoir la dite jeune fille. Dans le cas de ce livre, il l’envoie au bagne et Dao Sheng deviendra par la suite un moine et dans le cas de l’autre livre il fera en sorte de rendre le héros eunuque. Il est tout de même préférable de finir moine que de finir eunuque dans la Chine ancienne car, même si les eunuques finissaient par se faire un petit pactole, on était pas considéré comme un vrai homme à partir du moment où on était eunuque. Si vous êtes intéressés par l’histoire des eunuques je vous conseille vraiment « Mémoires d’un Eunuque dans la Cité Interdite ». Sauf que contrairement à Mémoires d’un Eunuque qui se base plus sur la vie dans la Cité Interdite en tant qu’eunuque, l’intégralité du livre parle de l’histoire d’amour entre Dao Sheng et Dame Ying car c’est la raison pour laquelle il quitte son monastère : pour la retrouver. En Chine, on écrit et connait le plus souvent des histoires d’amour malheureuses comme avec par exemple les 4 plus grandes histoires d’amour : Le bouvier et la tisserande, Les amants papillons, L’histoire de Meng Jiangnu et La légende du Serpent Blanc. D’ailleurs j’avais demandé à Panda pourquoi les Chinois n’écrivent-ils pas de belles histoires d’amour qui se finissent bien et il m’a dit que c’est parce que c’est celles qui marquent le plus. Et en y réfléchissant bien je me suis rendue compte qu’il n’avait pas tort parce que c’est le cas aussi dans notre littérature.

Ce livre s’écrit dans la continuité de ces belles histoires d’amour. Ce livre est un bijou de culture et de beauté Chinoises et François Cheng a la bonté d’offrir à notre littérature Française. 

Je vous recommande très fortement ce livre que j’ai dévoré en 3 jours ! J’ai eu beaucoup de mal à m’arrêter quand je l’ai commencé et je le relirai très probablement bientôt si ce n’est pas déjà fait depuis l’écriture de cet article ;).

L’éternité n’est pas de trop de François Cheng

Prix : 18,50€

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