Littérature chinoise Livre

Mémoire de Chine de Xinran

Comme vous le savez j’adore les livres qui relate de la réalité sans pour autant que ce soit une autobiographie, même si j’avoue j’aime beaucoup les autobiographies. C’est comme ça que des Jiaozi m’ont proposé ce livre persuadés qu’il me plairait. Je n’ai pas beaucoup de livres concernant la Révolution Culturelle car je trouve que c’est une époque assez floue. De moi-même, je ne suis pas très intéressée. Non pas dans le sens que je n’aime pas cette époque, pas du tout car cela permet de comprendre comment la Chine en est arrivée là aujourd’hui, mais parce qu’il est très difficile de trouver un avis neutre et balancé. Généralement concernant cette époque c’est soit tout blanc soit tout noir et je n’aime pas ne pas pouvoir me faire mon propre avis fait de nuances grises (vous voyez où je veux en venir). Bref comme vous le savez je n’ai pas fait d’études sur la Chine, je me base que sur mes lectures et sur mon vécu donc je ne donnerai pas d’avis ici sur ce pan là de l’Histoire.

Franchement j’ai acheté ce livre en ayant peur que l’avis soit de base biaisé dans un sens ou dans l’autre. Mais bon les Jiaozi ayant parlé et une fois le livre arrivé à la maison j’ai pas eu le choix.

Xinran est une écrivaine plutôt connue, notamment pour son livre « Chinoises », mais je dois avouer ne jamais avoir lu aucun de ses livres. Je pense qu’il est important de vous énoncer que Xinran fait partie de l’une des enfants  ayant vécu à l’époque de la Révolution Culturelle. Le but de Xinran dans ce livre est de laisser la parole à ceux qui ont vécu cette époque et de faire parler la génération qu’elle appelle « silencieuse ». Elle fait savoir en début de livre que les personnes interviewés avait eu une sorte « d’entretien’ avec elle par téléphone et qu’elle n’avait sélectionné que des personnes ayant un certain critères à ses yeux. La plupart, pour ne pas dire tous les interviewés, avait un âge jeune adulte/adulte au moment de la Révolution Culturelle donc ce sont des personnes très âgés dans le livre. On tourne autour d’une tranche d’âge de 70 à 90 ans. On y trouve des femmes et des hommes de différentes professions et différents milieux.

Je ne vais pas vous raconter le livre car je ne veux en aucun cas spoiler mais j’ai apprécié ce livre. Je ne l’ai pas adoré mais je l’ai apprécié. Déjà, et ça il faut le dire, ce n’est pas un livre qui a un parti pris voilà pourquoi je l’ai beaucoup apprécié. Xinran interview des femmes et des hommes sur leurs vies à cette époque. On vous raconte et c’est à vous de vous faire une idée, votre propre idée. Elle leur pose différentes questions, sur leur vie globalement et elle prend aussi le temps de les écouter. A leur rythme, selon ce qu’ils ont envie de dire. Certains interviewés vous marquent et d’autres pas, j’ai commencé à être touchés par les témoignages se trouvant au milieu du livre comme notamment l’homme aux nouvelles du salon de thé, les créateurs de Lanternes de Nanjing, le vieux policier du Henan, la Femme aux chaussures mais aussi le Colonel Phoebe qui est d’une tel ouverture d’esprit ! Puis son histoire d’amour avec Louis est tellement belle ! Xinran nous met des passages de lettres d’amour qu’ils s’envoyaient et c’est tellement impossible à imaginer pour la Chine de l’époque ! Il y a vraiment des histoires qui touchent et ce qui en ressort c’est le bonheur de ces personnes. C’est étrange à dire mais c’est vrai. Bien sûr que leurs vies furent compliqués et qu’ils ont connu le pire, mais au moment de l’interview ils sont heureux et certains disent même qu’ils sont la plus « chanceuse des générations ». D’ailleurs ce qui revient souvent dans les interviews c’est le capitalisme des nouvelles générations. Eux qui ont été heureux en n’ayant rien, ils ne comprennent pas la nouvelle génération et cette course à l’argent et à la richesse. Ils ont vécu le travail sans relâche, la famine, le froid, la Longue Marche dans une société où il faut savoir aider son prochain… et maintenant on passe à une société cupide, avide d’argent qui ne vit que pour posséder ! Et ça c’est quelque chose qui me marque car je l’ai moi-même vu et vécu en Chine : la démonstration de richesse. Je l’ai vécu pour mon mariage, avoir dépenser autant dans une Rolls-Royce pour 30mn de voiture (certes c’était agréable mais Panda et moi s’en serions largement passé surtout que ce n’est pas notre style, merci quand même Shushu) et vu car rien ne compte plus pour les Chinois que de s’acheter les marques occidentales pour le montrer à tout le monde qu’on a les moyens et se faire envier par les autres. Et je trouve ça vraiment triste que des générations ayant vécu sans rien et ayant été tout de même « heureux » d’avoir si peu soit déçus par les nouvelles générations. 

Mais il y a aussi beaucoup de regrets. Le regret de ne pas avoir pu s’occuper correctement des enfants car beaucoup ont été envoyé les enfants chez leurs grands-parents, les parents ne pouvant s’en occuper et beaucoup n’ont pas eu la chance de pouvoir faire des études et d’avoir une situation correcte par la suite. Donc beaucoup essaient d’être présent pour leurs petits-enfants à défaut de l’avoir été pour leurs propres enfants.

Une autre chose qui marque et la raison de ce livre : le silence. Le silence de cette génération qui ne veut pas parler. Une génération qui ne racontent pas sous prétexte que les nouvelles générations ne sont pas intéressés et ne comprennent pas…et c’est franchement pas faux. Les Chinois ne demandent pas à leurs ainés leur passé. Je me souviens avoir toujours demander à mes grand-parents leurs vies, comment ils se sont rencontrés etc…Panda n’a jamais rien demander à ses grand-parents. Quand je lui demande comment s’était pour ses grand-parents pendant cette période il ne sait pas, quand je lui demande comment ils se sont rencontrés il ne sait pas et il avoue ne jamais avoir demander. C’est moi qui lorsque nous étions encore en Chine j’ai demandé comment Laolao et Laoye s’étaient rencontrés ! Les Chinois n’osent pas demander et beaucoup se cachent autour de « Je ne sais pas » et on voit d’ailleurs que dans ce livre il y a encore des questions que Xinran a posé et qui n’ont pas de réponses les interviewés estimant que ce n’est pas la peine d’en parler car ça fait parti du passé. J’espère vraiment que les générations à venir prendront le temps de parler à leurs aînés et de les faire parler de leurs vies.

Pour conclure cela, je pense que c’est un bon livre pour ceux qui veulent se faire une idée par eux-mêmes et lire des bouts de vies sur ces personnes ayant aidé la Chine a être là où elle en est aujourd’hui.

Prix : 14,20€

Où le trouver ? Lien

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