Livre

The rape of Nanking par Iris Chang

Comme vous le savez je me renseigne plutôt pas mal sur le sujet du massacre de Nanjing avec différents livres (Nankin de Nicolas Meylaender aux Editions Fei), avec des films (City of Life and Death, Flowers of War et John Rabe le juste de Nankin) et j’ai eu l’occasion de visiter le mémorial du massacre de Nanjing à Nanjing (Lien). Cependant j’ai eu vent de ce livre très connu sur le sujet il y a quelques temps et j’ai enfin décidé de l’acquérir.

In December 1937, in what was then the capital of China, one of the most brutal massacres in the long annals of wartime barbarity occurred. The Japanese army swept into the ancient city of Nanking (Nanjing) and within weeks not only looted and burned the defenceless city, but systematically raped, tortured and murdered more than 300,000 Chinese civilians. The story of this atrocity continues to be denied by the Japanese government. Based on extensive interviews with survivors and newly discovered documents in four different languages (many never before published), Iris Chang has written what will surely be the definitive, English language history of this episode.

Je vais pas vous refaire le topo du massacre de Nanjing car on sait ce dont il en retourne je vais juste vous parler du livre lui-même. Je n’émets aucun jugement encore une fois, je vous énonce juste le contenu.

Tout d’abord le titre du livre entier est « The Rape of Nanjing : the forgotten holocaust of World War 2 », l’holocauste oublié de la Seconde Guerre Mondiale. Et en effet c’est un holocauste bien oublié sauf pour ceux qui l’ont subit comme les Chinois, les Coréens mais aussi d’autres pays. Justement Iris nous explique en début de livre pourquoi il n’existe que très peu de livres à ce sujet dans les bibliothèques occidentales. A la sortie du livre en 1998 il n’y en avait encore moins pour ne pas dire aucun. D’ailleurs c’est intéressant de lire le point de vue de l’auteur car on nous parle justement de la Guerre Froide et de comment cela a aidé à effacer ce pan de l’histoire chinoise au niveau mondial tout en redorant le blason du Japon qui avait été un ennemi quelques années auparavant.

Dans la première partie du livre on parle de l’avant Nanjing : l’idéologie japonaise, comment ça s’est produit, la défaite chinoise… et bien sûr on parle du massacre lui-même. Dans la deuxième partie on parle de l’après Nanjing : les procès contre le Japon, Nanjing après la défaite japonaise.

Je ne vais rien vous apprendre c’est un livre très dur dû à la flopée de détails qui nous sont livrés. Je connaissais certains détails dû à ma visite au mémorial mais je ne pensais pas que je pourrais apprendre d’autres ignominies encore pire que celles que j’avais pu lire ! J’ai dû arrêter ma lecture un bon nombre de fois et je l’ai même laissé de côté pendant de bonnes semaines. Les détails, racontés par d’anciens généraux japonais, étaient si sordides qu’ils me soulevaient le coeur. J’ai été prise de nausées dans le métro et c’est comme ça que j’en suis venue à l’idée de lire ce livre uniquement de chez moi. Il y a en plus des photos très explicites de tortures et d’exécutions. En recherchant des informations sur l’auteur de ce livre, Iris Chang, j’ai appris qu’après avoir passé des années à faire des études sur le sujet et à récolter des témoignages de victime pour les besoins de son oeuvre elle était tombée dans une grave dépression après la sortie de ce livre et faisait de l’insomnie. Elle s’est suicidée à seulement 36 ans. Personnellement cela ne m’étonne guère car même si je lis beaucoup sur ce genre de sujets, je pense que si je baignais dans ce contexte pendant des années ma santé mentale serait équivalente à la sienne.

Ce qui est invraisemblable c’est d’apprendre que certains de ces généraux qui voulaient témoigner ont reçu des menaces de mort de la part du gouvernement japonais. Je ne sais pas si je l’avais mentionné mais le gouvernement japonais continue de déposer des fleurs au sanctuaire Yasukuni à Tokyo où reposent d’anciens criminels de guerre dont certains sont des investigateurs du massacre de Nanjing. Et encore il y a un autre aspect de ce sanctuaire qui est de laver les pêchés des criminels qui ont été envoyés ici et ils sont mis à la hauteur de divinités. Comme le dit le livre « c’est comme si l’Allemagne allait fleurir une église à la mémoire d’Hitler ». Comme je l’ai dit plus haut, je n’émets aucun jugement et le but de cette phrase n’est pas de créer une polémique sur le Japon.

Ce qui m’a troublé dans ce livre c’est ce qu’on apprend sur le général Iwane Matsui. En effet, il est souvent mentionné comme le principal responsable du massacre avec en second le prince Asaka mais on apprend dans le livre qu’il était contre ce qu’il s’était passé. On apprend dans ce livre qu’il n’était pas présent le jour de l’arrivée des troupes japonaises à Nanjing dû à la tuberculose. Il a également dit à plusieurs reprises aux troupes qu’ils seraient punis s’ils étaient pris à commettre ces exactions mais selon lui l’armée était indomptable dû au fait que le prince se trouvait avec eux. Lors de son procès, il a pris toute la charge des évènements car il ne voulait pas mettre en cause le prince et donc la famille royale.

Je suis contente de l’avoir lu afin d’avoir pu encore plus en apprendre sur les circonstances et sur la période post-massacre. C’est un livre intéressant et très bien développé mais je dois avouer que je ne réitérerai pas la lecture.

0 comments on “The rape of Nanking par Iris Chang

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :