Culture chinoise Gastronomie Chinoise

A la découverte de Moutai

Article sponsorisé non rémunéré.


Le 1er Octobre j’ai eu la chance d’être invitée par Moutai pour participer à l’événement Moutai x Yi Bowl Noodle pour célébrer le festival de la mi-automne.
Tout d’abord nous avons eu la chance de visiter la boutique Moutai pour ensuite aller découvrir les cocktails faits à base de cette célèbre boisson !


Nous avons d’abord commencé par aller dans la boutique du 8e arrondissement afin d’en savoir davantage sur la marque. Moutai a deux boutiques à Paris : la plus ancienne dans le 13e et la deuxième dans le 8e qui est plus une boutique pour la vente en gros.
Man nous a accueilli comme des rois avec des Yuebing. Sachant que je n’aimais pas ça elle m’en a fait goûter d’autres (certains à la noix de coco et d’autres aux pois) qui était vraiment pas mal du tout !

Je dis nous car j’y suis bien évidemment allée avec Panda ce grand amateur de baijiu (alcool chinois) qui était ravi de pouvoir enfin goûter au célébrissime Moutai !

Pour vous re-situer un peu le contexte, le Moutai est un baijiu. Le baijiu (alcool blanc si on traduit du chinois) est une eau-de-vie obtenue à partir de la distillation de céréales comme le sorgho, le blé et parfois le riz. Le « saké à la rose » (appelé Mei Gui Lu Jiu), servi dans certains restaurants comme digestif, est également un baijiu. Le Guizhou, là où est produit le Moutai, est une province qui se trouve dans le Sud de la Chine. Il est réputé notamment pour sa terre riche en sorgho.

Le Moutai a été crée lors de la Dynastie Qing par Hua Lianhui. Sa mère rêvait de pouvoir gouter un jour le célèbre vin « Goujiang » qui avait été crée dans la ville de Maotai, alcool qui était apprécié de l’Empereur Wudi des Han. Afin d’exaucer le souhait de sa mère, il se mit à la recherche de la fameuse distillerie. Une fois arrivé sur place, le domaine viticole était en ruine et le propriétaire avait disparu alors il décida de créer une nouvelle distillerie sur les ruines de l’ancienne distillerie qu’il nomma Chengyi Shaofang.

Le Moutai est réputé dans tout le pays depuis les débuts du communisme. En effet, lors de la Longue Marche et ayant été pris d’assaut par les nationalistes, ils se cachèrent dans la province du Guizhou où ils découvrirent les bienfaits du Moutai tels que : guérir les blessures, guérir les maux de ventre et surtout il permettait de se détendre ! Tu m’étonnes ! Du coup c’est un alcool qui est connu de longue date dans le pays. La question est : comment est-il devenu l’alcool interplanétaire que nous connaissons aujourd’hui ? Il fut présenté à l’Exposition Universelle de San Francisco en 1915 où il gagna la médaille d’or ! Mais c’est en 1972 avec la visite du président Nixon en Chine que commença la renommée de Moutai car Zhou Enlai, ancien Premier Ministre chinois, lui en offrit une bouteille. Depuis le Moutai est souvent offert en cadeau aux ambassadeurs et autres invités importants.

Parlons maintenant du produit.

Il y a 3 types de Moutai :

  • Le Feitian : Le Feitian est le haut de gamme de Maotai et il est disponible à 53° et 43°. Les Feitian 飞天 sont des immortelles qui flottent dans les cieux. On les voit flotter dans l’air avec leurs robes et leurs rubans. Mais elles représentent aussi les immortelles de l’art bouddhiste en offrant aux Bouddhas et aux Bodhisattvas de la musique et de la danse. On les voit souvent représentés dans les lieux bouddhistes (comme par exemple les grottes de Mogao). On peut voir ces divinités estampillées sur la bouteille pour rappeler le nom de la gamme. Chaque année un millésime sort et le prix monte en fonction de l’année de la bouteille. Il faut savoir qu’en 2015, le Feitian Moutai a gagné la médaille d’or du concours mondial des spiritueux de Bruxelles pour son Feitian 2014. Depuis, Moutai a décidé de garder les mêmes caractéristiques pour ce produit. Le Feitian est fait avec des graines de sorgho et de blé entiers.
  • Le Wangzi : Le Moutai Prince est un Moutai d’entrée de gamme qui est à 53°. Le Wangzi Moutai est fait à base de sorgho et de blé qui sont concassés.
  • Le Yingbin : Le Yingbin est également un Moutai d’entrée de gamme qui est à 53°. Comme le Wangzi, il est fait à base de sorgho et de blé concassés.

Le sorgho et le blé sont donc récoltés et ensuite le blé est piétiné avec les pieds pour faire le Qu 曲 (à prononcer Tchi-o). Le Qu est une sorte de levure spécifique au baijiu qui lui donne ce goût particulier. Ensuite, on distille le mélange de sorgho et de qu dans des cuves. Cette manipulation sera faite 9 fois malgré le fait que le baijiu est disponible à partir de la deuxième fois. Cela permet d’affiner le baijiu. Enfin, on mettra le baijiu final dans des grandes jarres en terre cuite, semblables à ceux qu’on utilise pour les vinaigres en Chine, et on les laisse fermenter pendant 3 ans. Plusieurs sections de l’usine contient plusieurs âges de Maotai. Les millésimes sont des mélanges de plusieurs âges de Moutai ce qui fait que les Maotai de 50 ans par exemple sont plus vieux que 50 ans ! Les bouteilles de Maotai sont des porcelaines opaques pour permettre au Maotai de continuer à vieillir et de se bonifier. En tout le Maotai passe par 5 étapes essentielles à sa fabrication : la fermentation, la distillation, le stockage, le mélange et l’emballage et en tout le cycle de production est de 5 ans car chaque cycle de production dure un an. Moutai m’a donné ce petit schema afin que ous puissiez comprendre tout le procédé.

La marque Maotai est une appellation d’origine contrôlée (en Chine ça se dit 地理标志保护产品 dì lĭ biāozhì băohù chăn pĭn) en plus de faire partie du Patrimoine Culturel Immatériel de la Chine (中国非物文化遗产 zhōngguó fēiwù wénhuà yí chăn). On dit qu’il est uniquement possible de faire du Maotai dans le Guizhou car seul le Guizhou réunit les conditions nécessaires pour le créer.

A la boutique nous avons eu l’occasion de voir différentes bouteilles : nous avons pu voir des millésimés (15, 30 et même 50 ans !), des éditions spéciales (comme les éditions pays, les éditions signes du zodiaque et même une édition Jackie Chan !). Celles que je viens de vous mentionner sont des éditions limités. Les bouteilles sont assez chères, il faut bien se l’avouer, mais ça ne me choque « pas tant que ça » quand je pense à nos bouteilles de champagne de luxe ici en France. Cependant nous avons appris que Maotai était plus cher en Chine qu’en France ! En Chine, le premier prix peut commencer à 3000 yuans (environ 380€) contre environ 250€ le prix de vente en France. Cela s’explique par le fait que le cours de la devise change en Chine, et que le prix dépend de chaque boutique et de leurs stocks alors qu’en France nous avons des prix figés. Du coup pas mal de Chinois viennent acheter leurs bouteilles dans les boutiques Maotai en France.

Passons maintenant à la dégustation. Concernant les Feitian Maotai nous avons pu goûter les bouteilles à 53° et 43°C des années 2019 et 2013 ainsi que la bouteille de l’année du Cochon. Nous avons pu également goûter les Yingbin et Prince.
Si vous me suivez sur Instagram vous devez sûrement vous souvenir de ma dégustation de Erguotou, un baijiu de Beijing, que mon palais n’a que très peu supporté. Autant vous dire que le résultat avec Maotai n’a pas du tout donné la même chose. Tout d’abord car le Erguotou est de bien plus basse qualité que le Maotai mais surtout que le Maotai a bien plus de saveur que le Erguotou qui semble tout droit sorti d’une station essence.
Nous avons vraiment apprécié les Maotai de l’année 2013 ainsi que de l’année du cochon. Le 53° de l’année 2019 était vraiment pas mal non plus ! En premier, on sent vraiment le goût fort du baijiu mais l’arrière-goût devient vraiment plus doux et plus moelleux. Certains ont un goût un peu fumé, d’autres des arômes de céréales très délicates. Je ne suis généralement pas une grande fan d’alcool fort et du coup encore moins de baijiu mais je dois avouer avoir beaucoup apprécié la dégustation et je n’ai pas ressenti cette sensation de brûlures dans le tube digestif. Je peux dire que j’ai pris du plaisir à la dégustation.


Je dois cependant avouer que le Yingbin et le Prince ne nous ont absolument pas convaincu et que pour le coup leurs saveurs étaient vraiment trop fortes en goût d’alcool. Mais heureusement on a pu revoir notre jugement grâce à la dégustation de cocktails chez Yi Bowl Noodle.

On nous a proposé 3 types de cocktails :

  • Le Moutroni : Moutai Yingbin, Campari et Vermouth.
  • Le Rêve du Meng Ling : Moutai Yingbin, Dolin Dry Vermouth, liqueur Cynar, du jus de citron jaune et du blanc d’oeuf.
  • Le Lèvres Rouges : Moutai Yingbin, de la crème de pamplemousse, du sirop de pamplemousse, de l’eau gazeuse, du sucre de canne et du jus de citron vert frais.

Les cocktails étaient tous les trois très bien réalisés même si j’ai eu une préférence pour le « Lèvres Rouges » qui est bien doux comme j’aime (alors que je déteste le pamplemousse !). Panda aime les alcools un peu plus sec et donc il a vraiment apprécié le Moutroni. On a également été très bien accueillis par Yi Bowl Noodles avec des Yuebing « peau de neige » qui étaient à tomber ! Oui oui vous lisez bien !

Mais si vous êtes intéressés par l’expérience Maotai, sachez que ces cocktails sont toujours disponibles au restaurant Yi Bowl Noodles.


Je remercie Moutai et Yi Bowl Noodles pour ce bel évènement malgré les conditions actuelles et je remercie Man et l’équipe Maotai de nous avoir aussi bien reçu et de nous avoir tant appris. Allez maintenant Ganbei 干杯 !

2 comments on “A la découverte de Moutai

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